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 [pas fini] La fin de l'Irme

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brpsycho
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MessageSujet: [pas fini] La fin de l'Irme   Ven 7 Déc - 20:48

Époque commune tardive. Grandplat.

Le village de Solitaire. Seul au beau milieu des immenses plaines de Grandplat. Isolé du monde... Des jours bien sombres. Les récoltes étaient mauvaises. Beaucoup de morts - famine, maladie, froid. Les nuits étaient sombres. Les bêtes sauvages étaient téméraires, dangereuses, et la chasse apportait plus de morts que de nourriture. Une année bien sombre.
Jord Melan, le plus jeune forgeron du village, regardait la pluie nocturne à travers la fenêtre. Une lanterne tardive permettait encore de voir s'éclater les goutes d'eau sur la boue qui tapissait le sol. Au fond du ciel, les deux astres de la nuit. La Lune et l'Irme. Si la Lune était habituelle, apparaissant presque chaque nuit, à des heures variables, l'Irme était assez rare. Elle n'était visible qu'à une certaine période de l'année. Plus petite que sa soeur la Lune, moins lumineuse, sa rareté la rendait cependant plus belle. Leur lueur éclairait quelque peu Solitaire. Les voir si proches était rare. Certains pensaient que c'était un présage.
Manifestement un sombre présage, si c'en était un. Jord n'y croyait pas, lui. Il n'y avait pas de sorts ou de présages sur Solitaire. Pas de dieux, pas de destin. Solitaire était seul, abandonné. Quand les héros des mythes et des temps anciens avaient construit le monde, ils avaient ignoré Solitaire.
Cette année avait été bien sombre. Les tristes évènements s'accumulaient. Le père de Jord l'avait quitté, le laissant comme dernier membre de la famille. D'autres avaient perdu des parents. Certains avaient perdu des enfants. Surtout lors de la famine. Les bêtes aussi avaient faim, au point de s'attaquer aux hommes. Il avait fallu les combattre. Pour compléter tous les désastres, il y avait même eu des incendies. Au fil des malheurs, les gens devenaient plus croyants. La nouvelle église qu'ils avaient bâtie à Solitaire accueillait du monde. Plus il y en avait, et plus la foi de Jord s'évaporait. S'il y avait des dieux, jamais Jord n'avait compté sur leur aide dans les affaires humaines, mais surtout pas dans les affaires de Grandplat. Ce nouveau prêtre dans sa robe sombre n'inspirait aucune confiance au jeune forgeron. Au contraire, il lui faisait peur plus qu'autre chose. Il y avait un sorcier à Solitaire. Un sorcier comme tous les sorciers, bien sombre et mystérieux, parfois effrayant. Mais il avait toujours été là. Jamais Jord n'avait vraiment eu peur du vieux sorcier. Le prêtre, en revanche... Il savait manier les foules. Et les foules pouvaient être une plus grande arme que la magie, un plus grand pouvoir. Selon Jord, le prêtre pouvait bien être un nouveau malheur qui attendait de s'abattre sur la ville.
Dans la nuit bien froide et humide marchait une silhouette humaine. Collé à la vitre glacée, Jord regarda la silhouette un long moment. C'était elle, au beau milieu de la nuit. Il ouvrit la porte et elle s'empressa d'entrer. Ses cheveux dépassaient de son noeud, trahissant la hâte qu'elle avait eu.
- Tu as encore fugué ? lui demanda-t-il. Un soir tu vas mourir de froid.
- Oh arrêtes, lança-t-elle. Tu n'es pas content de me voir.
Il esquissa un sourire, puis regarda à nouveau les lunes. Allie, sa fiancée secrète, le regardait avec un air impatient.
- Quelque chose ne va pas ?
Il ne savait pas quoi répondre. Peut-être devait-il lui expliquer que depuis quelques semaines, lui qui n'avait jamais cru aux forces prédictrices de l'avenir, avait un mauvais pressentiment sur les jours qui suivraient ? C'était bien celle à qui il pouvait se confier. Mais il n'avait pas envie d'en parler.
- C'est une année bien triste, dit-il pour masquer son air perdu.
L'expression était devenue habituelle parmis les habitants de Solitaire. Il l'utilisaient sans relâche pour excuser leurs faiblesses. Jord, lui, l'employait surtout pour excuser sa tristesse. Allie le savait bien.
- Dis, tu ne m'en veut pas, hein ?
Il ne savait pas de quoi elle parlait. Il avait peut-être un espoir de s'en souvenir, mais n'essaya pas, trop occupé à chasser ses sombres pensées.
- Pourquoi ?
- Tu sais, j'ai commencé à étudier la magie.
- Ah, avec le sorcier.
- Tu ne m'en veut pas.
- Je ne vois pas comment je pourrais.
Elle prit un air lasse avant de répondre.
- Tout le monde m'a fait des histoires. Les sorciers sont des gens étranges, des gens bizarres. Les sorciers sont louches. Les sorciers sont parfois maléfiques.
- Tout homme peut être maléfique.
- Oui. Et toute femme.
- Sans doute. Tu pourrais être maléfique, que je t'aimerais autant.
Elle l'embrassa, puis s'appuya contre lui, silencieuse. Il regardait toujours par la fenêtre. Elle regardait les outils, l'enclume, la forge. Tout était éteint, la nuit. Comme la dernière lanterne de Solitaire, qui finit par s'éteindre. La pluie continua. Des heures bien sombres pour Solitaire. La seule lumière était celle de la Lune et de l'Irme.

Le soleil finit par se lever, et les gens se réveillèrent tout de même. Mais tandis qu'il se faisait haut dans le ciel, masqué par les nuages et la brume, les gens recommencèrent à disparaître, attirés par la nouvelle église comme des insectes la nuit étaient attirés par la lumière. Comme il était facile de piéger les insectes quand on avait de la lumière.
Jord avait terminé la commande du vieux Kargie. Samson Kargie était chasseur depuis son plus jeune âge, et s'il savait bien chasser, il savait également choisir ses armes. Il faisait des commandes précises, détaillées. Il demandait surtout des pièges et des couteaux. Cette fois, c'était des couteaux.
Il arrive à la demeure du vieux Kargie et frappa à la porte. Une voix s'éleva de la maison
- Entrez donc, si vous n'êtes pas un démon.
Jord ouvrit la porte et le vieux Kargie vint l'accueillir.
- Votre commande, monsieur Kargie.
- Ah... On va voir si tu es aussi bon que l'était ton vieux père, jeune homme. J'espère au moins que ça sera mieux que ces abrutis de frères Lardons.
Jord répondit avec un sourire :
- Les frères Larden font des coffres très solides, mais ils ne savent pas travailler les lames.
- Mes trois couteaux, remarqua le vieillard... Magnifique. Celui-là me plait.
Il saisit le premier, le regarda entre ses deux mains de ses yeux plissés, puis le retint d'une main par le bout de la lame et dans un geste rapide qui ne trahissait pas son âge, il le lança vers une plaque de bois à l'autre bout du salon. L'arme se ficha dans le bois et resta droite, bien plantée.
- Excellent, commenta le vieillard. Magnifique. Celui-ci m'a l'air bien également.
Il alla chercher le premier couteau tout en examinant le second, puis il plaça le premier à sa ceinture et le second dans une poche de sa sacoche.
- Excusez-moi, si ce n'est pas indiscret, commença Jord, mais à quoi vous sert le dernier ? Ce n'est ni pour dépecer, ni pour combattre, ni pour travailler le bois...
- Hé bien... Il m'a l'air bien réussi également. Je vais te montrer. Oh tu verras, il n'a pas besoin d'être aussi bien aiguisé.
Le vieux chasseur ouvrit une porte sur des escaliers descendant et Jord le suivit. Au bas des escaliers, il alluma une torche et la petite cave devint plus visible. Il y avait des réserves de nourriture entreposées, et sur un rayon, des tomes de fromages.
- Tiens, regarde ça, fit le vieux Kargie. à l'époque ou on s'intéressait à moi, j'étais connu pour ça. Le vieux Kargie et ses fromages, qu'on disait.
Il coupa une tranche de fromage avec son nouveau couteau qu'il tendit au forgeron.
- Voilà à quoi il me sert, commenta-t-il. Au fait, goûte-le. Il est excellent. Je l'ai eu au marché d'avant-hier... Ou la semaine dernière, je sais plus.
Jord goûta. C'était un fromage à pâte molle, fondant dans la bouche. Il n'était pas un grand adorateur du fromage, mais celui-ci n'avait pas un goût très prononcé. Il semblait disparaître dans la bouche comme s'il avait mangé de la neige. Puis la face cachée de l'aliment se dévoilà. Très salé, très prononcé. Le vieux Kargie avait du voir une grimace sur sa figure, car il avait éclaté de rire en allant chercher un verre d'eau.
- Il est fort hein ? Faut avoir l'habitude. Tiens.
Jord prit le verre d'eau qu'il lui tendait et le but d'une traite.
- Merci, souffla-t-il.
- De rien jeune homme. Et merci pour ces magnifiques couteaux. Je vais chercher ta paye, d'ailleurs. Oh, au fait...
Le vieux chasseur remontait déjà les escalier tout en parlant. Jord ne tarda pas à le suivre, éteignant la torche avant d'entamer les marches.
- Comment se fait-il que tu ne sois pas à l'église, toi ?
Jord prépara une réponse, mais il n'eut pas le temps de la donner.
- Tu crois pas à ses conneries hein, à l'autre prêtre ?
- Pas vraiment, non.
- Moi non plus. Je ne veux pas trop parler sans savoir, mais ça ne m'étonnerait pas trop que ce soit un sacré charlatan.
- Oh, peut-être qu'il y croit, lui.
- Ouais, mais ça ne veut pas dire que c'est vrai. Tiens, voilà, tes piécettes. Ne me remercie pas, c'est ce que je te dois.
- Alors je vais retourner travailler, monsieur.
- Attends, n'ouvres pas tout de suite la porte. J'ai encore une question pour toi.
- De quoi s'agit-il ?
- Tu traines avec la petite Patasson ? Allie ?
- Comment...
- C'est très bien, tant mieux pour toi, c'est pas ce qui m'intéresse. Tu es au courant qu'elle va prendre des cours chez ce vieux sorcier, là-haut ?
La voix aurait permi de l'apprendre, mais Jord savait déjà que le vieux Kargie n'aimait pas beaucoup le sorcier du village.
- Je sais...
- Je ne vais pas te dire de te méfier des femmes, parce que tu pourras bien l'apprendre tout seul si tu en as besoin, mais je vais te dire un truc qu'il faut apprendre avant que ça ne se retourne contre toi : méfie-toi des sorciers !
Jord ne pensait pas avoir de réponse, puis il trouva une remarque qui plairait certainement au vieux Kargie.
- C'est sans doute mieux qu'elle suive les cours du sorcier que ceux du prêtre, non ?
Le vieux Kargie parut surpris, étonné, mais gardait le sourire.
- Je crois bien que tu as raison, jeune homme. T'as l'esprit plus rapide que moi. Au moins pour ça, mais il y a une autre chose à laquelle tu devrais penser, pour le sorcier.
- Laquelle ?
- Si tu ne te méfie pas de lui, d'autres le haïssent. Et je suis sûr que le prêtre en fait partie. Tu devrais surveiller la jeune Patasson avant que ce ne soit d'autres crétins qui se mettent à la surveiller.
- La surveiller ?
- Moi-même, si j'étais un peu plus crétin et que j'en avais l'occasion, je zigouillerait n'importe quel sorcier avant qu'il ne devienne trop puissant. Et des plus crétins que moi, ici à Solitaire, il y en a. Beaucoup.
Le vieux Kargie commença un rire moqueur, et Jord trouvait cette dernière remarque assez drôle, lui aussi, mais il n'étais pas sûr que ce soit le moment de rire.
- T'inquiète pas, jeune homme, dit le vieux. Le charlatant fait deux séances. Elle n'a qu'a partir pendant la messe du matin et revenir à la messe du soir. Tu n'as qu'à lui en parler. Et parlez-en au sorcier... S'il ne vous jette pas de mauvais sort en échange. Mais comme tu l'as remarqué, mieux vaut être changé en crapaud par un sorcier qu'en cendres par un fanatique.
Le silence qui s'en suivit marquait la fin de la discussion. Jord se redressa, extérieurement et intérieurement. Ils ne risquaient pas grand chose, finalement, non ? Puis il salua le vieux chasseur et le remercia pour son conseil.
À Solitaire, beaucoup de jeunes pensaient que les vieux n'étaient que des fous ou des imbéciles. Et beaucoup de vieux leurs rendaient la pareille. La vérité, comme Jord et le vieux Kargie le savaient, était que seuls les autres n'étaient ni des fous ni des imbéciles.


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MessageSujet: Re: [pas fini] La fin de l'Irme   Lun 7 Jan - 23:50

Ils finirent par se mettre d'accord. Jord finit par admettre qu'Allie finirait par savoir se défendre toute seule, et probablement mieux que lui, à force d'étudier la magie, mais elle accepta sa surveillance pour les premiers mois. Surveillance et non escorte, car ils préféraient tous deux qu'on ne les voit pas ensemble. La famille d'Allie n'avait jamais aimé les Melan, pour des raisons perdues dans les oubliettes des générations et de l'histoires, dont la véritable nature échappait totalement aux hommes de nos jours. Alors Jord prétendait avoir quelque affaire à régler avec le vieux sorcier, quelque histoire d'instruments et d'outillage. Il suivait une route proche de celle qu'empruntait sa bien-aimée, et lorsqu'ils s'éloignaient du village, ils se rejoignaient pour terminer la route ensemble.
La première fois que Jord se rendit à la fameuse tour, il accompagna Allie jusqu'à la porte, malgré sa certitude que la protection du sorcier s'étendait loin avant la tour elle-même. Une très courte muraille - plutôt un muret - que le temps avait changé en entassement de pierre entourait la demeure du sorcier. À certains endroits on voyait encore dépasser entre les pierres une barre de métal qui se terminait en pointe brandie vers le haut, comme un glaive défiant les cieux, mais parfois les barreaux étaient tordus et les pointes se retournaient vers Solitaire ou vers la tour elle-même. Le chemin de terre et de petits cailloux continuait vers la porte, et la fin de leur marche fut d'autant plus silencieuse que Jord s'attendait à voir quelque monstre surgir ou quelque barrière magique les arrêter. Finalement, ils arrivèrent à la porte. Allie frappa trois fois et attendit. Le sorcier, qui ne fut pas long, se présenta lui-même à l'entrée. Jord pensait trouver un personnage sombre et mystérieux, masqué par une capuche noire et une robe sombre cachant son corps. Au lieu de cela, le personnage qui ouvrit la porte était vêtu non pas d'une robe mais d'un long manteau, lequel était rouge orné de symboles dorés. Dessous, des vêtements de noble mais simples, de teintes grisâtres. Point de capuchon, son visage et sa tête était entièrement visible. Il avait peu de rides, mais on sentait son âge et la sagesse qui en découlait, peut-être à cause de ses cheveux gris tirés en arrière et retenus dans une petite queue dont l'extrêmitée semblait légèrement roussie. Ses yeux noirs qui semblaient d'abord fatigués se réveillaient à la vue du jeune couple qu'il accueillait. Pendant quelques secondes, les vieilles légendes de vampires revinrent à l'esprit de Jord, mais il les chassa très vite en espérant qu'elle n'apparaissaient pas sur son visage.
- Bonjour, je suis Maximilien Correnus, sorcier de Solitaire.
Il ne s'adressait pas aux deux personnages mais directement à Jord. Il répondit.
- Enchanté. Je suis Jord Melan, un forgeron de Solitaire.
- Aaah, le forgeron. J'ai entendu parler de vous. Mais entrez, entrez.
Tout en suivant le sorcier, Jord jeta un coup d'oeil rapide à Allie, mais elle paraissait également surprise.
- Je crois, continua le sorcier, que vous avez prétendu avoir quelque affaire à régler avec moi ?
- Oh, excusez-nous, commença Allie, c'était un prétexte pour m'accompagner, nous ne voulions pas...
- Mais je le sais très bien, et ce n'est pas grave du tout.
- Si je puis me permettre, s'avança Jord, comment avez-vous su ?
- Ah ! Les yeux de ma tour sont perçants, et je les gardes souvant braqués sur Solitaire.
- Vous nous surveillez ? s'étonna Jord.
- C'est plus pour ma sécurité, voir même la vôtre, que pour vous espionner. Si j'avais voulu du mal à Solitaire, je l'aurais sans doute déjà fait, n'est-ce pas ?
- J'immagine... hésita Jord.
- Mais tout le monde n'a pas cette logique à Solitaire. Ailleurs non plus : les gens se méfient des sorciers. J'aime autant vérifier ce qui se passe à Solitaire pour éviter les problèmes plutôt que de les affronter. D'autant plus avec ce nouvel homme de clergé qui vient d'arriver. Je ne connais pas son allégeance, mais il y a peu d'ordres eclésiastiques qui ne considèrent pas les sorciers comme des démons.
- Moi aussi, je me méfie de cet homme, soutint Jord.
- Évidemment. Vous êtes un homme averti, vous sentez la menace quand vous voyez de tels meneurs de foule. Les prêcheurs ont un pouvoir sur les masses, un pouvoir qui peut se révéler important, donc dangereux. Il est amusant de noter que la peur que nous avons face à ce pouvoir est semblable à la peur que les gens montrent également face aux magiciens et aux sorciers, et pourtant je ne peux pas la dissiper. L'esprit humain est étonnant n'est-ce pas ?
- En effet, conclut Allie.
- Vous êtes seul, ici ? demanda naïvement Jord.
- Absolument, répondit le sorcier. Vous vous attendiez peut-être à voir des serviteurs ?
- Ça ou un de ces monstres magiques qu'on voit dans les légendes pour nous ouvrir la porte.
- C'est digne d'un vulgaire magicien ! Bien sûr, je pourrais invoquer des bêtes démentes pour aller ouvrir la porte, mais quelle en serait l'utilité ? Ai-je le besoin de vous effrayer ou de vous impressionner ? Le simple fait de savoir comment le faire me suffit, et le faire ne me sera utile que lorsque j'en aurai trouvé une véritable utilité. C'est l'oeuvre d'un magicien que de confondre utilité et vantardise dans l'utilisation de l'art magique.
- Je vois. Vous m'avez l'air d'être quelqu'un de très sensé, c'est assez étonnant que vous inspiriez tant de peur aux gens du peuple, non ?
- Jeune forgeron, vous aussi êtes également très sensé, et vous comprendrez sans doute que plus le nombre de personnes est élevé, plus la bêtise est grande. C'est sans doute pour cela que les sorciers vivent seuls. Mais revenons à des questions plus matérielles. Vous cherchiez une excuse pour accompagner mon élève - votre jeune dame - jusqu'à ma tour, et vous avez prétendu être en affaire avec moi. Hé bien justement il se pourrait que ce soit le cas. J'ai récemment entrepris l'étude des astres. Il me faut pour cela des instruments spécifiques que je devrai probablement fabriquer moi-même, et je vais donc profiter de votre aide, puisque vous la proposez. Je vais vous montrer quelques plans, que je vous pense à même de comprendre.
Lorsque Jord repartit, il emportait avec lui des parchemins sur la fabrications de longue-vues, de lunettes et de téléscopes divers, et son alibi fictif était devenu un vrai contrat.

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MessageSujet: Re: [pas fini] La fin de l'Irme   Mer 16 Juil - 17:02

En rentrant, Jord trouva sur sa porte une note en lettres approximatives, fixée par un petit couteau. Une lettre de menace ? Saisi par un début de crainte et un soupçon de panique il s'en approcha au plus vite et libéra le petit couteau pour s'emparer du mot. Peu de personnes savaient écrire à Solitaire, la plupart écrivaient d'ailleurs assez mal, mais cette écriture, bien que peu rigoureuse, était lisible et correct. Il parcourut la lettre et fut vite rassuré de découvrir qu'elle ne contenait aucune intention agressive envers lui. Elle venait de l'un de ses voisins, Bernard Trotton, dit le Baron. C'était un étrange personnage, du moins selon les critères de l'endroit, puisqu'en plus d'être assez cultivé et de connaître le monde extérieur, le Baron se vantait parfois d'avoir chez lui la plus grande bibliothèque privée du village - celle du sorcier non comprise, évidemment. C'était ça et un comportement quelque peu atypique pour Solitaire qui lui valait son surnom de Baron, et non un titre officiel. Le Baron n'était arrivé à Solitaire que quelques dix ou vingt ans plus tôt, ancien voyageur, il s'y était installé définitivement et était devenu l'un des rares habitants à encore entretenir des contacts avec l'étranger. Ceux-ci avait peu à peu perdu leur ampleur alors qu'il se fondait dans le paysage - gardant toutefois ses petites particularités - et se réduisait désormais à l'achat occasionnel de quelque nouveau livre pour sa collection. Le Baron avait trouvé à Solitaire une épouse et lui avait donné des enfants.
En entrant dans sa forge, Jord posa ses affaires et s'assit sur un tabouret pour lire la note. Le Baron l'avait sans doute déposée en passant avec sa famille, se rendant à l'église, comme tous les bons citoyens de Solitaire. Il faisait partie de ceux qui n'étaient pas encore repoussé par les non-pratiquants.

Cher Jord Melan,

Depuis le regretté décès de votre père, j'ai appris que vous aviez repris sa forge. Je ne doute pas que les années que vous avez vécue à ses côtés vous auront apporté l'expérience et le savoir nécessaire à ce travail, et que vous aurez également profité de sa maîtrise célèbre de l'art qu'il pratiquait. Cependant, le travail que vous entreprenez doit sans doute être difficile à accomplir seul. J'immagine que vous ne refuseriez pas l'aide d'un assistant.
Je vous propose l'aide de mon fils Arthur, âgé de neuf ans. Il est encore jeune, mais discipliné et motivé. Je suppose qu'un peu de travail ne peut lui faire que du bien, et pourra sans doute vous dépanner lorsqu'il aura saisi quelques notions de votre métier.
Je vous invite à passer me voir quand vous voudrez pour en discuter.
Amitiés, Bernard Trotton.

P.S. : auriez-vous l'amabilité de me remettre mon couteau ? Merci.


Jord connaissait déjà sa réponse. Il avait besoin d'un assistant. Il posa la lettre, se demandant quand la séance du prêcheur serait terminée. Il pourrait y aller directement ? Mais il avait mieux à faire qu'écouter un illuminé. Il lui fallait du bois pour chauffer la forge, et du métal pour fabriquer les lunettes et autres instruments du sorcier. Ensuite, il faudrait qu'il retourne voir le sorcier discuter des lentilles et miroirs dont ils auraient besoin.

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